Argentine nous voilà!

De la Quiaca à Salta à vélo


1er jour

image subliminale
Après avoir franchi la frontière argentine très rapidement, nous nous sommes arrêtés pour la nuit à La Quiaca, ville frontière. Dès les premiers mètres, nous nous apercevons du changement entre ce nouveau pays et la Bolivie. Des voitures en meilleur état, des gens qui font la manche, des prix plus élevés, une nouvelle monnaie, de nouveaux chapeaux sur la tête des femmes comme des hommes et un accent avec des "che" partout, un peu plus dur comprendre. Châvapahaite fachil!

Vite fait, le lendemain on se lance vers le sud avec l'envie de rouler après tous ces jours de repos à Tupiza.
Tout au long de la route, ce n'est que clôtures à droite comme à gauche, ça aussi, ça change! Certes, elles sont à 30 voir 40 m du bord de la route et ça pourrait suffire pour planter la tente, une fois bien crevés, mais alors que nous passons Abra Pampa de 3 ou 4 km, sur la gauche une barrière est tombée ou plutôt elle n'est pas fermée. Chouette, notre bivouac se fera planqué derrière cette vieille voie de chemin de fer désaffectée et un peu surélevée.


Comme à notre habitude, on s'installe gentiment! Un troupeau de lamas et de moutons passent par dessus la voie de chemin de fer. Ben voilà qu'on va se faire prendre en pleine installation… Non! rien. Enfin finalement pas avant qu'on ait fini de manger et qu'on se retrouve sous les duvets. Là, une voix d'homme vient nous demander d'où on vient et puis s'en va… il a bien fait car ce n'est pas lui qui nous empêchera de dormir.

2e jour

Par contre, au matin, trop tôt, pour nous 7 h, qui revoilà?… notre pépère qui vient nous secouer gentiment. Quoi? t'as pas amené les croissants? Ça commence mal l'Argentine.
Bon vu qu'il n'a pas l'air méchant, Patrick pointe le nez dehors. Oui je sais je fais mon Delon, là! Anne-Marie attend au chaud pour voir si ça va bastonner avant de sortir.


Non, notre homme, le berger qui a osé lancer son troupeau de ruminants sur la voie ferrée, sans vérifier qu'il s'était monté un terrain de camping derrière, est juste curieux de voir nos si belles et si bizarres montures. En plus il veut que je lui prenne en photo les vélos avec son petit ordi qu'il sort de sa besace mais dont il ne sait pas se servir. Le temps de trouver comment fonctionne son Linux de système et hop le voilà avec quelques photos pour montrer sa découverte à ses enfants ce soir au coin du feu. Un berger avec un ordi… quand on vous dit que l'Argentine ça change de la Bolivie.


Enfin, avec Tito, bien plus gentil que son homonyme yougoslave, on a passé un bon moment avant de reprendre la route jusqu'à notre prochaine destination.

Tres Cruces

Après 2 ou 3 contrôles de police qu'on passe juste en secouant la main, accompagné d'un Ola! et un petit arrêt courses, à Tres Cruces, la route commence à devenir sympathique. Les montagnes environnantes se reprennent de couleurs et les descentes nous grisent en même temps.


85 km après notre bivouac chez Tito, nous voilà arrivés à Humahuaca. On sait qu'il y a un site sympa à y voir mais franchement la ville vue de la route principale ne nous engage pas trop à vouloir y pénétrer comme toutes les villes que nous avons traversées depuis la frontière.

Humahuaca

Enfin, on se lance et puis on n'est jamais contre un bon lit, même si nos bivouacs nous plaisent tout autant.
Ok, une fois atteint le centre ville, c'est un peu plus acceptable. Après avoir fait la tournée de quelques hôtels et consultés la seule réponse bidon sur warmshowers, on finit par se trouver un petit coin sympa défiant toutes concurrences.


Pas cher, propre et sympathique avec baños privados… Merci Olga! La petite mamie  tient cet endroit à 100m du centre. Elle nous trouve même une combine à $100 (ça se lit 100 pesos)  contre 400 à 700 pour les voyages officiels pour la grimpette jusqu'à 4300 m demain pour aller voir ce qu'on est venu voir.

3e jour

Le lendemain, nous voilà confortablement assis à l'intérieur d'un pick-up, (ça a du bon d'être vieux dans ces moments là) pendant qu'une bande de jeunes sont assis à l'arrière, à l'air et à la poussière, pour grimper au sommet et admirer le cerro Hornocal et ses 20 couleurs.


Par contre, on aurait bien donné $50 de plus pour avoir du soleil parce que pour les photos… c'est mieux.


4e jour

Et nous voilà de nouveau sur les routes.

La paleta del Pintor - Maimarà

La même avec habitations pas chères


Toujours vers le sud, après être passé devant Tilcara sans nous y arrêter, on file sur Purmamarca.
Cette fois, on croisera sur la route, à tour de rôle, notre lot de cyclos : une anglaise qui vient de prendre sa retraite, un couple d'Italiens de notre âge puis un couple argentin dont on cha pas tout chompris.

Les Italiens
Les Argentins

Un petit passage de 2 heures à voir cette colline des 7 couleurs, moins riche que le cerro Hornocal, mais sympathique tout de même et nous voilà à planter la tente au milieu des vaches et des ânes (2 de plus ne font pas la différence) 86 km au compteur après Tumbaya.

Purmamarca

La nuit fut bien mouvementée par quelques éclairs qui ne sont passés pas loin mais on a toujours adoré les feux d'artifices.



5e jour

On atteint San Salvador de Jujuy (Chan Chalvador de ChuChui) pour l'heure du casse-croûte. On y rencontre nos premiers supermarchés depuis un sacré bout de temps. Puis on fait un détour par le centre ville pour tenter de récupérer un clavier de tablette oublié à l' hôtel par Jérome. Pas de chance pour lui, je pense qu'il a fait un heureux par là-bas.


Pas facile de sortir de cette grosse ville, car ça n'est pas loin d'une sorte de petite autoroute que nous devons emprunter sur 2 ou 3 km puis nous bifurquons pour reprendre la 9 en direction de Salta par la route de la corniche. Pas de mer ici, en tout cas.
J'en profiterai pour inaugurer ma première crevaison depuis le début de ce tour du monde, mais de la roue avant car c'est quand même moi qui répare.


Le paysage change. De montagnes arides, poussiéreuses et pleines de cactus, on se retrouve au milieu de fôrêts tropicales avec ces plantes envahissantes et ses perruches vertes qui volent et crient en essaim. Quelques autres animaux théoriquement domestiques se baladent sur les bords de route seuls, tranquille Émile. Des chevaux, deux taureaux, des vaches… sûrement avant de finir sur un barbecue… Olè!
Là, nos cyclos du jour seront deux Allemands, en vadrouille pour 13 semaines. Décidément l'Argentine est très courue des cyclistes. On les recroisera le soir au camping de la Dique de Cienega.


Le camping à l'Argentine… Grrree!! Ils ne campent pas mais viennent y faire la fiesta, la sono de la voiture à fond, les 5 portes ouvertes. ça dure toute la nuit… plus quelques chiens, plus la fille qui fait 5 fois le tour du camping au volant de la voiture de papa avec maman à côté car elle apprend à conduire.
Plus les marrants de la nuit qui à 5h reviennent klaxonner prêt des 3 tentes qui sont là, histoire de bien nous emm… Bref, vive les bivouacs peinards.

6e jour

Cool, plus que 65 km sur cette fameuse route de la corniche qui ressemble à une grosse piste cyclable. Un régal et une beauté à la fois. Un régal parce que ça fait 4 jours qu'on roule sous des températures entre 35° et 40° et que là on est à l'ombre.

Anne-Marie pas rancunière s'est fait une copine.

Ça me vaudra une bonne crève genre angine qui me clouera au lit 4 jours avec une peu de maté de coca en intraveineuse dans la fesse gauche. Par les temps qui courent, mieux vaut piquer la gauche.
On s'est trouvé une chouette d'hospedajé avec un internet qui fuse comme aux USA.
On en profite pour vous balancer des articles, vidéos et toutes nos photos sur l'album en ligne. De quoi occuper vos longues soirées d'hiver pendant qu'on se chauffe au soleil.


Salta est une petite ville bien touristique, centre de distribution des destinations à ne pas rater en Argentine du nord. De l'est à L'ouest.

Iglesia de la Candelaria

On n'ira malheureusement pas aux chutes d'Igazu.
Pas envie de se taper 2 fois 24h de bus ou de payer plus de 1000€ de billet d'avion.



Alors demain, vendredi 24, on part en direction de Cafachaté (Cafayate)… et ensuite nous verrons… pour un petit verre de vin argentin…


10 commentaires :

  • Laurent | 27.10.14

    YEEESSSSS! C'est absolument magnifique ce coin d'Argentine avec ses montagnes forme de pointes superposées et ces couleurs: rassurez-vous, même sans soleil c'est très beau ! C'est la première fois que j'entends parler de ce coin de l'Argentine (Remarquez, le pays est tellement grand, est tellement diversifié...) Bonne route...ça fait du bien le matin de débuter la journée par un voyage sous le soleil: merci !

  • Anonyme | 29.10.14

    Laurent a raison : débuter la journée avec vous, c'est top.
    Quelques remarques préliminaires :
    - ichi, chez nous, ch'est pas l'hiver : 25° et grand bleu depuis près de deux mois... les nordistes chont chans doute dans la brume, mais ichi, on che régale de chet été indien très prolongé. (che ne voudrais pas vous troubler, donc ch'ai adopté le ch argentin..)
    - grande nouvelle.. après avoir chans doute utilisé un vélo pas couché, un pick-up pas aéré, un bus tout caboché, un bateau encalaminé, un avion voire une chigogne (après tout pourquoi pas?), un beau paquet est arrivé che matin.. parti le 10 cheptembre, il a vraiment dû faire le tour du monde, mais il est arrivé, bien emballé, pas caboché.. Je vous rass'chure : même chi ch'est une chigogne qui l'a apporté, a priori, il n'y a pas de bébé dedans.

    Pour le reste :
    - ces ocres et ces rouges du Cerro Hornacal, quelle splendeur! J'ai retrouvé le plaisir de Google maps en suivant tranquillement la route 9, avec petit arrêt à Purmamarca du haut des collines (si, si c'est possible) puis en admirant cette vallée dans laquelle la route s'inscrit entre les collines, sans une once d'ombre.. et avec une magnifique descente vers Yala, toute en larges virages et qui semble durer, durer.. dites, à quelle altitude êtes-vous maintenant? Au passage, j'ai tenté d'apercevoir le Rio Grande que la route longe à quelque distance.. pas facile, sinon dans San Salvador dans laquelle je me suis arrêtée.. dans une rue Francia, bien coquette. je me suis ensuite régalée à vous suivre jusqu'à Salta car le changement de végétation que vous évoquez est pour le moins significatif... avec vous je me sentais à l'ombre !

    Pour les amateurs ..,Salta est un lieu historique de l'Argentine : s'y est déroulée une bataille victorieuse de la guerre d'indépendance , le 20 février 1813. C'est à cette occasion que pour la première fois, les patriotes combattirent sous la bannière bleu et blanche qui devint le drapeau argentin.. Peut-être cela explique-t-il les coloris de la magnifique église que vous avez photographiée
    - cette nuit de camping argentin... le contrepoint du salar d'Uyuni... ben, faut bien de temps en temps revenir à la civilisation, non?
    - sympa la rencontre avec Tito.
    Allez, je vous embrasse et retourne à mon jardin ensoleillé!
    Hasta luego,
    Gala

  • Anonyme | 29.10.14

    Que de souvenirs !!
    Vous ne souffrez pas trop de la chaleur ?

    Freyot

  • Zwoofff | 30.10.14

    @Laurent
    Oui jusqu'ici le nord de l'Argentine est sympa avec de beaux paysages qui même, s'ils nous rappellent des coins déjà vus dans d'autres pays, restent tout de même suffisamment séduisants pour qu'on ne s'en lasse pas. Attends de voir l'article suivant ...

  • Zwoofff | 30.10.14

    @Gala
    Alors pour commencer... Youpi! on commençait à désespérer avec ce colis... Merci
    On espère bien vous faire baver devant quelques images c'est sûr. Mais pour l'instant ce ne sera pas avec le vin du coin avec lequel on a du mal.
    Jean-Claude tu nous mets 2 caisses de La Gaffelière de côté STP.

    Pour le vrai Rio Grande va falloir que tu remontes au nord, mais beaucoup plus au nord. De toutes façons ici les rivières sont comme notre gosier... à sec!
    Et n'oublie pas de nous envoyer un peu de fraîcheur à 25° parce que nous on est au double et là... difficile de mettre le nez dehors... de plus sur un vélo...

  • Zwoofff | 30.10.14

    @Fred
    Content de vous faire rêver encore un peu.
    Pour la chaleur on cuit..; surtout moi qui, passé les 30° ai déjà du mal. Alors ici, je meurs... et pas que de soif! ;-)

  • Anonyme | 30.10.14

    Pris le temps ce matin de visiter intégralement votre album photo . La quebrada de Las Conchas est vraiment fabuleuse. Sauf que par plus de 40°, ça doit quand même être difficile!
    Pour les vignes et le vin, je me suis dit qu'on ne pouvait quand même pas vous laisser boire de la piquette, lol!
    Alors prenez patience... il vous reste environ 1300 kms avant d'arriver à Mendoza et Vista de Flores où selon La "revue du vin de France", 3 ou 4 bordelais voire saint-Emilionnais se sont lancés à la fin des années 90 dans la viticulture en Argentine :
    Clos de los Siete
    C’est l’aventure de trois Bordelais, Michel Rolland, Jean-Michel Arcaute et Philippe Schell. En 1998, après avoir sélectionné des terroirs à Vista Flores, ils partagent avec d’autres investisseurs (Eric de Rothschild, Laurent Dassault, Catherine Péré-Vergé, les familles Cuvelier et Bonnie) le site de 850 hectares où le premier millésime naît en 2002. Ce vignoble est planté en majorité de malbec, puis de cabernet-sauvignon, merlot et cabernet franc. Syrah et pinot noir ont trouvé une petite place. Chacun élabore son propre vin et les vinifications portent la marque de Michel Rolland. Et une partie de la production est mise en commun pour produire le Clos de los Siete.

    D'ici là, buvez de l'eau et bon courage!
    Gala

    PS : Patrick tu as fait très fort : sur l'une des photos, tu es vraiment assorti au paysage en ayant adopté toutes les couleurs présentes à l'exception du vert...

  • Olévélo | 30.10.14

    Salut AM et P,
    Cool votre descente de l'Argentine. Rapide comme nous ! Je vois que tout roule, il fait même chaud. A l'inverse de nous, on se les gele à Puerto Natales. On remonte vite d'ici une semaine à Iguacu pour revenir à la chaleur. Dommage pour les chutes. Vous passer au chili ensuite ? A+ Guillaume de la Cyclofamily

  • Zwoofff | 31.10.14

    @Cyclofamily

    On passe de l'autre côté de la route 40 pour l'instant plus à l'est pour éviter le désert mais est-ce mieux...? On verra.
    Ensuite comme vous on ira à Santiago et ensuite sûrement visiter Valparaiso en bus.
    Pour Santiago, on va tenter de voir sur Warmshowers pour trouver où se loger...
    Oui on a vu qu'au sud il fait bien froid et que c'est venteux... En remontant vous reviendrez à de bonnes températures... quoi que... ;-)

  • Yann Cariou | 9.11.14

    Magnifique le cerro hornocal. Ce mélange de couleurs...Wahou ! Mamoun attention au chien ;-). Je vois que la feuille de coca est un bon remède. Hihi.on se régale à chaque que l'on vous lit. Des bisous. Amandine

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