La Paz > Sajama

1er jour


Les rues de La Paz sont trop pentues pour les remonter à vélo et la route jusqu'à Patacamaya est en travaux pour devenir une autoroute 2x2 voies jusqu'à Oruro. Nous partons donc de l'hôtel avec les vélos chargés pour rejoindre le terminal de bus avec de quoi survivre quelques jours .
10h, coup de chance, dès que nous arrivons, nous tombons sur une compagnie qui part dans une demie heure. Bien plus tôt que les 12h de la compagnie vue la veille pour les renseignements.



Les vélos sont chargés dans le bus sans enlever les sacoches et hop nous voilà partis. 3h plus tard et 100km plus loin, on nous dépose rapido à Patacamaya.



Le temps de se charger de 15litres d'eau, de prendre un repas poulet riz/patate, le seul vrai plat de l'Altiplano et nous voilà partis en direction de Sajama. On aperçoit déjà son sommet au loin à l'horizon. C'est le plus haut point de Bolivie qui culmine à 6542 m.
Au km 781, après 33km, nous trouvons un petit coin de bivouac relativement à l'abri du vent et caché de la route.



Jour 2


La pluie est tombée toute la nuit mais au matin, tout a cessé et les nuages commencent à se dissiper. Nous reprenons la route.




Au km 789, le paysage change et devient captivant. Par moment, il nous rappelle les canyons américains que nous avons traversés quelques mois plus tôt.



La terre est devenue rouge et les reliefs se découpent parfois en de petits pics de chaque coté de la route.


Au loin le Sajama nous guide tel un phare au milieu de cet océan de sable, de rocs et de poussière. Il semble si proche et pourtant encore si loin. Sur la gauche, les deux autres volcans jumeaux forment avec lui un horizon perpétuel.


Nous croiserons de drôles de sépultures à plusieurs reprises au long de notre route de ce 2e jour. Des tours en terre additionnées de paille avec une unique ouverture, toutes tournées vers l'est, dans lesquelles au milieu de quelque détritus nous pouvons apercevoir plusieurs crânes et ossements.

Plus rien dans les sacoches... on mange ce que l'on peut!!

C'est aussi à partir de ce jour que nous commencerons à croiser de nombreux troupeaux de lamas et d'alpagas.



Le bivouac du soir fut assez long à trouver car depuis Curahuara des clôtures barbelées longent la route. Le vent a soufflé très fort pendant une bonne heure en venant d'abord du nord ouest puis de l'ouest et s'est arrêté aussi soudainement qu'il avait commencé.

Jour 3



Comme à notre habitude on ne décolle pas tôt. Ce qui nous donne la chance de prendre un petit déjeuner avec un troupeau de lamas qui part brouter quelque part dans cette montagne qui nous sert de fond d'écran. Waouuu on resterait bien là. Même s'il a gelé cette nuit, ce matin à presque 8h, le soleil tape déjà.


Dès le départ on se fait une petite côte d'échauffement de 10 km. La nature nous offre encore des paysages assez étonnants. De drôles de rochers se dressent là comme des statues qu'Èole sculpte depuis des siècles. ça grimpe et ça regrimpe. On s'approche du Sajama. On le contourne. Il est magnifique quelque soit l'angle sous lequel on le regarde, coiffé de son bonnet de neiges éternelles.


Pas de chance cette fois, le vent se lève tôt, lui. Et nous l'avons de face. Les montées plus le vent de face, on craque juste avant Laguna après "seulement" 53 km. Nous planterons la tente seulement à 12 km de notre destination.

Jour 4


Frais et dispo, nous attaquons la piste menant au village de Sajama. 11 km à faire. Hop, dans une heure à peine, on y est!


Oui, enfin c'était sans compter ce satané sable dont la piste est constituée. On pédale un peu, on pousse beaucoup.


On pousse tellementellement qu'il nous faudra 4 h pour venir à bout de cette piste. Fatigués, il nous faut passer voir une mamie à l'entrée du village qui fait office de garde barrière.


Eh, oui! Sajama est aussi un parc. Il nous faudra nous acquitter d'un droit d'entrée de 40 BoB pour entrer dans le village et le parc.
Personne dans les "rues". Nous entrons toujours en poussant nos vélos , dans un village fantôme et pourtant rien qu'à l'entrée se présentent 3 hôtels.


On en dénombrera 8 dans ce village perdu au milieu de rien avec pourtant une grande école et un hôpital tout neuf.
Au total, le soir nous devons être 8 ou 10 touristes dans ce coin paumé au fin fond de nulle part.
Le vent souffle à nouveau, on est mort, une bonne soupe et hop au lit…

Jour 5


A Sajama, voyageur, tu es un peu le pigeon du coin.
Si tu veux rejoindre le fin fond de ce qui est à visiter, c'est à dire une lagune où l'on peut admirer quelques flamands roses, il te faudra soit marcher 12 km aller et pareil au retour sur une piste de sable (compter 3h de marche, l'aller…) où débourser jusqu'à 150 BoB selon le 4x4 qui vous y déposera.


On réussit à négocier 100 BoB l'aller, et le retour à pied en faisant un détour par les eaux thermales toujours à pied.


Pendant ce voyage il nous faut parler plusieurs langues. On se débrouillait pas si mal en anglais, on s'en sort en espagnol mais alors en flamand surtout rose, on est vraiment nul.
Imaginez un peu la scène :un grosse mare de flotte, grande comme 6 stades de rugby. Vous arrivez d'un côté et les flamands roses sont de l'autre côté.
Forcément on fait le tour pour vous ramener de belles photos. On approche à 100 m des bestiaux et eux s'envolent… de l'autre coté de la lagune c'est à dire de là où l'on vient. Ok, on n'est pas pressés, on refait le tour… et hop les ingrats retournent à leur point de départ… Ça a duré comme ça 3 tours et on a fini par en choper un.

Regarde le petit oiseau qui va sortir...

Tant pis pour lui, il n'avait qu'à nous attendre gentiment, on aurait été moins sauvage avec lui. Pour une photo de groupe il vous faudra attendre encore.
Au retour, nous passerons prendre un bain dans les eaux thermales. Il parait qu'il faut payer 30 BoB par personne. Pas de chance, la cabane où il faut verser son obole est au moins à 400m du bassin et nous on est entrés par l'ancienne entrée, face au bassin, là où il n'y avait personne.


Tant pis, oh là là, on se trempe quand même puisqu'à part le chien, il n'y a personne d'autre. Seuls au monde dans des eaux à 40°, au milieu de nulle part, face au Sajama. Elle est pas belle la vie!

Jour 6



On se fera "juste" un aller / retour aux Geysers à 8 km de là. 2h de marche aller.
A vélo, là aussi faut pas y compter à moins d'aimer mouliner dans le sable. Mouliner est même trop bien, vu l'ensablement de la piste à certains endroits. Bref, le vélo par ici mieux vaut oublier.





Sympa bien sûr mais après Yellowstone, ces geysers font pâles figures. Mais nous n'avons pas regretté la balade.
Les paysages restent gigantesques et la course du soleil en change les nuances à chaque heure.




A savoir


Bivouac 1
au km 781, la borne est sur la gauche de la route et le 7 est effacé. l'emplacement est sur la gauche un peu avant la borne près des poteaux de bois…

Bivouac 2
Depuis Curahuara, les bords de routes sont clôturés. Pas facile donc de trouver un bon emplacement.
200m avant le km 862 sur la gauche au niveau de la rivière asséchée. On s'est enfoncés dans le sable sur presque 100m avant d'atteindre cet endroit assez protégé de la route. 

Bivouac 3
A pratiquement 1,5 km de la piste qui mène à Sajama. On a dû virer quelques touffes d'herbes pour installer la tente. Peu ou pas de circulation la nuit. Tranquille finalement.
Attention aux herbes
Elles sont suffisamment dures et piquantes pour vous crever un matelas. Pour faire de la place afin de planter la tente, frapper de la pointe du pied à la base de la touffe d'herbe elle se déracinera facilement. Même les grosses. c'est la seule méthode pour ne pas laisser d'épine sur le sol. 

 Points ravitaillement
De quoi trouver de l'eau et/ou un peu d'aliments.



















.
La bonne piste pour Sajama

Contrairement aux 3 pistes visibles sur les cartes (google ou OSM), c'est la seule et la plus empruntée. Elle se situe avant la petite ville de Laguna. Elle est signalée par ce grand panneau vert vous indiquant 11km de piste. Malheureusement, ce n'est pratiquement que du sable. Il vous faudra pousser.

9 commentaires :

  • Laurent | 3.10.14

    Excellent les commentaires: le matin ça file la pêche ! Et magnifiques endroits ! ça donne réellement envie de quitter notre monde surpeuplé pour du calme et de la tranquillité au milieu de paysages de cartes postales ! Finalement, ce n'est pas trop galère pour se ravitailler en eau ?

  • Mouline | 3.10.14

    Encore de belles images. J'espère que AM apprécie ses gants et ses chaussettes car il ne fait pas trop chaud a vous voir. Mais le soleil et les eaux thermales sont au rendez vous et coup de chance gratos! Gros bisous a vous. A bientôt.

  • Anonyme | 3.10.14

    Encore un bel article et de magnifiques photos ! Ça donne envie de tout laisser tomber et de partir voyager en Amérique du Sud ! Continuez à nous faire rêver avec ce blog !
    Aline

  • Zwoofff | 3.10.14

    @Laurent
    Non finalement en dehors de se trouver au milieu du salar d'Uyuni sans passer par les îles, pour tout le reste on trouve régulièrement de petites échoppes qui vendent de l'eau. Par contre on a pas vu souvent de rivière ou puit pour pomper ou filtrer de l'eau. Et puis l'eau en bouteille nous on trouve ça bien et plus pratique au grand dame des extrémistes écologiques.

  • Zwoofff | 3.10.14

    @Mouline
    Anne-Marie utilise tout ce qu'elle peut pour ne pas avoir froid et elle n'a pas froid. On a de la chance un guide nous a dit qu'on était dans une année chaude...

  • Zwoofff | 3.10.14

    @Aline
    Merci à toi. Ce qu'on fait c'est qu'on a arrêter de rêver les voyages pour les réaliser. On espère qu'un jour tu franchiras ce pas.
    J'ai oublié de répondre à une de tes questions.
    Pour nos vidéos, j'utilise iMovie. Pour l'animation de début et de fin c'est créé sous Adobe After-Effect et le tout assemblé sous Adobe Première.

  • Jeremie | 4.10.14

    Bonjour Anne-Marie et Patrick, c'est Jérémie, celui de 2 roues vagabondes... Juste pour être sûr qu'il n'y ai pas de confusions, le précédent commentaires signé "Jérémie", c'est peut-être quelqu'un qui s'appelle Jérémie, mais ce n'est pas moi, celui qui est en Asie du sud-est pour le moment...
    Et ca m'a fait plaisir de revoir la route entre Patacamaya et Sajama, qui est magnifique, comme vos photos. Cela m'a donné envie d'y retourner (mais pas tout de suite...). Et j'ai hate de voir (ou re-voir) la suite (Le sud de la Bolivie, San Pedro de Atacama, Paso Jama?, Nord-Ouest de l'Argentine... C'est ca le programme?).

    Sinon, comme je vous l'ai déja dit, chacun voyage comme il en a envie... L'important, la seule chose qui compte dans son voyage. c'est d'y prendre du plaisir, que ce soit en bus, a velo, a pied, en stop, a cheval, a cloche-pied... Chacun fait comme il le souhaite! Et je confirme, la route entre Patacamaya et La Paz, n'est vraiment pas passionante, avec en plus la travérsée compliqué d'El Alto. Il est plus intelligent de la faire en bus et de "gagner" 2 jours, a passer dans une région bien plus belle (comme le secteur de Sajama). Et pour ce qui est du budget et du confort, c'est pareil, chacun son budget, chacun le niveau de confort qu'il souhaite...

    Bonne continuation!
    Jérémie (le vrai de 2 roues vagabondes...).

  • julie mika | 4.10.14

    Merci pour cette super adresse à la Paz! J'espère que vous avez pu trouver un hotel sympa pour vous reposer de votre traversée du salar! Bonne route pour la suite! A bientot! Bravo pour votre projet, et super blog!
    Julie et Michael d'Uyuni

  • Anonyme | 6.10.14

    Quels paysages à nouveau.. les amis, on vous sent tellement heureux!!

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