Du salar de Coipasa au salar d'Uyuni

Le salar de Coipasa à vélo


Jour 7


Avec l'expérience de la piste pour arriver à Sajama, et la lecture (1, 2, 3) de ceux qui nous ont précédés ayant tous plus ou moins craqués sur la piste allant de Sajama à Sabaya, nous avons choisi de louer les services d'un 4x4 pour faire cette partie.


Ok là ça paraît joli!! mais c'est trompeur...

C'est ainsi que nous nous retrouvons sur la plaza de armas de Sabaya avec nos vélos.
La ville en elle même est presque désertique, moche et pas très propre. On y fait péniblement nos courses dans diverses échopes et nous prenons la piste en direction du salar de Coipasa à vélo.


Nous passerons par les pistes de la pampa pour ne pas avoir à subir la piste que l'on trouve sur les cartes.


Quel plaisir de rouler à vélo au milieu de nulle part sur cet alti plano au milieu des lamas en pleine liberté.


Nous couperons la première partie du salar sans suivre une piste précise, directement vers la pointe de l'île.
Le début du salar de Coipasa est constitué d'une fine couche de sel qui forme une croûte comme celle d'une bonne galette frangipane.


Le sel craque légèrement sous nos roues sans nous freiner ou presque.
On y prend tellement plaisir que Patrick se lance à vouloir passer sur ces plus grosses bosses.


La couche montante craque mais l'autre partie le stoppe net, pourtant elle ne fait que 2 cm d'épaisseur. Foncer direct sur une grosse bordure de trottoir aurait donné le même résultat. Heureusement le vélo a tenu le choc.


Depuis longtemps on se demandait ce qu'on pouvait avoir fait des malfrats cagoulés du FLN Corse. On les a retrouvés. Ils sont là dans les mines de sel.
A coups de pioches et autres outils tranchants, ils cassent aujourd'hui cette croûte de sel pour gagner certainement une misère et se payer un nouveau camescope pour leur prochaine revendication.

Le vent s'est levé et il souffle fort. Il est parfois difficile de garder la bonne direction sur nos vélos.


Nous trouverons un bivouac dans une petite crique légèrement à l'abri du vent mais avec suffisamment de grosses pierres pour bien lester la tente et passer une bonne nuit sans craindre qu'elle s'envole.

jour 8


Finalement notre bivouac n'était qu'à 2km de Coipasa.


C'est un dépotoir que nous traversons avant d'entrer dans cette ville morte, personne dans les rues. On finira par y rencontrer un jeune homme qui nous permettra de trouver un peu d'eau grâce à un puits. Un peu plus tard, des enfants nous montreront une maison que rien n'indiquait comme commerce, où nous pourrons faire quelques rares emplettes.


Nous reprenons notre trace à travers cette immensité semblable à un grand lac gelé. Coipasa n'est pas un salar si blanc qu'on le dit.
Plusieurs nuances : du marron très clair au blanc cassé serait plus juste. Mais il est fascinant, bien plat, roulant.


L'immensité et le silence que seul le bruit de nos pneus vient troubler nous émeut. Il est difficile de vous transmettre ici ce qu'on ressent. On est vraiment seuls au monde.


La trace choisie plus directe nous obligera à pousser les vélos sur 2,5 km juste avant de retrouver la terre ferme. Mais au moins on a évité de la piste secouante et sableuse certainement…


Fatigués après presque 60 km (pourtant c'est plat), on plantera la tente sur le bord du salar et nous nous coucherons juste après un magnifique coucher de soleil.

Du salar de Coipasa au salar d'Uyuni


Jour 9


Pour atteindre le salar d'Uyuni, il nous faut rejoindre Salinas de Garci. Pas le choix, une seule piste nous y amène. Nous la dénommerons la piste de la lavandière.


Au début on est un peu brassés, puis carrément secoués sur la planche à laver que forme la piste, ensuite une grosse côte où arrivés en haut on est lessivés puis une descente bien remuante où l'on est en bas, complètement rincés.

Un quadrillage est égal à 5km sur le GPS

Vous l'aurez compris, la piste est loin d'être plate et roulante, bien sableuse par moment et se termine par une belle côte de 2,7 km exactement avec des pentes à 10% puis une belle descente remuante mais salvatrice de 5 km jusqu'à Salinas.


Nous prendrons ici une chambre dans le seul hôtel ouvert ce soir là histoire de prendre une bonne douche  sous un filet d'eau chaude dans cette ville étape du Dakar.





Le salar d'Uyuni à vélo


Jour 10, 11 et 12



A nous le salar tant attendu. Le graal de notre voyage.
Nous partons vers le sud et nous décidons d'emprunter une voie rarement prise par les cyclistes.
On se demande bien pourquoi. Peu après la sortie de la ville nous prenons une piste à droite qui nous mènera sur les prémices du salar.


Nous couperons ainsi la piste traditionnelle et son état sûrement proche de celle que nous avons empruntée la veille.  Nous roulons sur du plat et sur une piste bien roulante. Du bonheur.
17 km plus loin nous rattrapons la piste "classique" qui contourne le volcan Tunupa par l'est.
Nous la prendrons sur 5 km jusqu'à Churacari et ça suffira bien comme ça.


Du sable et du sable, voir de la farine, sur la moitié de sa longueur. Une horreur!!!


A Churacari , il nous reste l'option de continuer sur cette piste jusqu'à Jirira par la montagne ou de prendre à gauche et de tenter de reprendre le salar. Zouuu! tout le monde à gauche.


L'entrée sur le salar est un peu humide mais sans eau. Ça gicle un peu sur le vélo et les sacoches, mais sans bloquer la mécanique.


Bien meilleure que cette piste défoncée et au moins ça a l'avantage d'être plat. Nous contournons donc la péninsule par l'est.


Nous passerons près d'une île avec de gros cactus. Curieux nous nous approchons à pied mais ses abords de sel sont fragiles et dessous il y a de l'eau. Raté pour la photo de cactus en premier plan avec un fond de salar.
Passé cette île, nous découvrons l'immensité de cette espace "blanc" que l'on peut même apercevoir de la lune. Mais nous avons aussi un effet de déception.


Pointant notre direction vers l'île d'IncaHuasi, le soleil dans le dos, le salar nous apparait vraiment laid… marron sale.
Ces semblants d'hexagones nous font tressauter. Le Salar d'Uyuni tant attendu nous montre son mauvais côté. En effet, si nous tournons le regard pour être à 90° du soleil, il apparaît un peu plus joli.
Est-ce le fait d'avoir traversé auparavant le salar de Coipasa, plus blanc et plus lisse?
On est tellement peu enthousiastes que nous prenons la décision de ne pas rejoindre l'île mais de tracer vers Uyuni directement.
Après tout, on est venus traverser ce salar d'Uyuni et pas spécialement voir une île envahie par des 4x4.


16h30, nous plantons la tente au milieu du Salar. Il fait 20°. Uyuni est encore à plus de 100 km donc 85 de salar… Demain est un autre jour. Nous dînerons assis sur ce sol de sel si dur, face au coucher du soleil.
Le vent a soufflé toute la nuit mais la tente a tenu bon. Nous sommes même chanceux puisque la nuit la température ne descendra pas en dessous de 5°.



Le 2e jour, le soleil est mieux placé et nous apprécions enfin la beauté et surtout l'immensité plane et impressionnante de cette grandeur de la nature.
Après avoir roulé longtemps sur ces hexagones qui nous font tressauter, nous finissons par rejoindre une petite piste malheureusement tout aussi  secouante. Elle nous freine un peu et il est difficile de dépasser le 16 de moyenne.

Tant pis, ou tant mieux puisque nous passerons une seconde nuit au milieu de ce salar, seuls, dans un silence incomparable avec une nuit cette fois sans vent et toujours si peu froide.
Il ne nous reste que 5 litres d'eau. Beaucoup et si peu à la fois sur cette surface réfléchissante qui nous assèche le gosier!
Coup de chance, vers 18h, la seule voiture passant sur notre chemin durant ces 3 jours, nous offrira 1,5 l d'eau qui nous permettra  de moins mourir de soif le lendemain.




Ce n'est qu'à la fin de la matinée du 3e jour que nous atteindrons enfin le bord du salar. Nous avons parfois l'impression de rouler sur un grand lac gelé.



A l'approche de Colchani, nous apercevons enfin ce spectacle incessant de 4x4 qui transportent les touristes à la chaine vers l'île d'Inca Huasi.




Après avoir étanché notre soif, nous prenons la direction d'Uyuni. La route est en construction et la piste empruntée par tous ces véhicules est complètement défoncée. Coup de chance encore une fois, les ouvriers travaillant sur cette future route nous font signe et nous invite à rouler sur ces future route non asphaltée mais durcie et plate.


Du coup, nous mettrons à peine plus d'une heure pour rejoindre confortablement Uyuni. Que du bonheur.!


En chemin nous croiserons notre 4e cycliste voyageur depuis le début de notre épopée et une autre surprise : un 4x4 sur la piste s'arrête et un homme en sort en courant vers nous.
-Salut Zwoofff, salut Pioux!!
-???
-Je suis Franck, je suis inscrit sur votre blog et vous suis depuis le départ. Je voyage moi aussi à vélo couché depuis 2 mois autour du monde.


Comme quoi le monde est petit. Vraiment une rencontre qui fait plaisir. Rendez vous est donné le soir pour faire plus ample connaissance.



Nous avons le temps d'errer dans la ville à la recherche d'un hôtel calme et pouvant nous offrir de quoi laver les vélos qui en ont bien besoin.


Finalement nous sommes dans le même que Franck. 3 vélos couchés à Uyuni… Rare!!

Différentes couleurs du salar d'Uyuni




A savoir


Les traces GPS pour :
L'entrée sur le salar de coipasa de Sabaya jusqu'à Coipasa sans passer par la piste de l'île. GPX
La traversée du salar de Coipasa, du bivouac 1 au Bivouac 2. Attention, il faut pousser le vélo, les 2,5 km avant le bord du salar menant au bivouac 2. GPX
La piste jusqu'à Salinas GPX
Rejoindre le salar d'Uyuni sans emprunter les pistes est ou ouest qui contourne le volcan Tupina. GPX
Comment rejoindre Colchani sans passer par les îles… GPX

Chargez-vous d'un maximum d'eau car sur le salar, le soleil et le vent peuvent vite vous assécher.


On peut facilement planter la tente sur le salar. Emporter un caillou pour servir de maillet si vous n'en avez pas.
Les piquets, à condition qu'ils soient bons, s'enfonceront à peine de 4cm, mais ils tiendront bon même en cas de vent fort.




Vous pouvez rouler, à vélo, sur la future route rejoignant Uyuni si vous passez avant qu'elle ne soit goudronnée. 


13 commentaires :

  • Anonyme | 6.10.14

    Les amis, le salar était votre graal.. et pour ne rien vous cacher le mien aussi! J'attendais de vous sentir vivre cette immensité, cette sauvagerie, la solitude absolue dans ce paysage lunaire. J'avais aussi un peu d'inquiétude pour vous.. bien plus que lorsque vous fréquentiez les ours. Parce que le sel et la mécanique ne font en général pas très bon ménage.. enfin, bref.. vous êtes fabuleux au milieu d'une nature fabuleuse. Au passage, je fais aussi un coucou à Franck, lol, parce qu'il n'y pas de raison d'admirer les uns sans admirer l'autre!
    Cette étendue de sel est fascinante sous ces ciels tracés de nuages..qui, je trouve, nous font percevoir le vent... 150 kms de sel.. et de lithium aussi. (Là, ma connaissance est toute récente : j'ai découvert que le salar contenait plus ou moins 60% des réserves de lithium de la planète.. si vous avez qqs problèmes de batterie.!! ) Vous vivez des moments inoubliables et l'expérience du silence absolu, ça doit vraiment être quelque chose qui vous prend au coeur. Finalement, le vocabulaire est pauvre.. Et puis, je n'aurais pas voulu rater :
    - Anne Marie gobant Patrick tout cru
    - le chemin de la lavandière pédalé sans un pouce de lessive!
    Je vous embrasse les p'tits salés!!
    Gala

  • Anonyme | 6.10.14

    ET puis, je recommande à tous les photos de l'album Sajama dans la rubrique photo.. une merveille supplémentaire!
    Re-Gala

  • Laurent | 7.10.14

    YYEEEEE ! Le Salar d'Uyuni, visiblement un très bon moment ! Je me souviens Patrick lorsque tu m'avais parlé de ce passage "clé" de votre voyage...Dormir au moins une nuit au milieu de cette étendue salée: ça doit le faire quand même et les contrastes de couleurs, l'ambiance, le silence...Superbe ! J'adore les photos montages , particulièrement celle de Pioux qui mange tout cru Patrick...et quand il passe dans le gosier, ça fait "Zwooffffffffff"...:-)

  • Laurent | 7.10.14

    Oui, tout à fait Gala, il faut saluer Franck lui-aussi et moi ce que j'aime, c'est d'interpeller nos deux cyclistes préférés par leur "petit nom" au milieu de nulle part : ça doit le faire comme effet de surprise !

  • Laurent | 7.10.14

    Non vraiment, la photo de Patrick se faisant gober tout vivant est superbe et j'aimerai savoir le nombre de tentatives pour sortir quelque chose de bien ?

  • l | 7.10.14

    En tout cas, une étape qui ne manque pas sel ! :-)

  • Anonyme | 8.10.14

    Il y a beaucoup trop longtemps que je n'ai pris le temps de chercher quelque jolie littérature, illustrant (un peu) vos pérégrinations. Et vraiment votre traversée a inspiré mes recherches.. rien que pour vous, un poème d'Antonio Machado que j'ai adoré.

    "Caminante, son tus huellas
    el camino, y nada mas ;
    caminante, no hay camino,
    se hace camino al andar.
    Al andar se hace camino,
    y al volver la vista atras
    se ve la senda que nunca
    se ha de volver a pisar.
    Caminante, no hay camino,
    sino estelas en la mar."

    "Voyageur, le chemin
    Ce sont les traces de tes pas
    C’est tout ; voyageur,
    Il n’y a pas de chemin,
    Le chemin se fait en marchant
    Le chemin se fait en marchant
    Et quand tu regardes en arrière
    Vois le sentier que jamais
    Tu ne dois à nouveau fouler
    Voyageur! Il n’y a pas de chemin
    Rien que des sillages sur la mer.
    Tout passe et tout demeure
    Mais notre affaire est de passer
    De passer en traçant
    Des chemins
    Des chemins sur la mer "

    Gala

  • Anonyme | 10.10.14

    Bonjour a vous deux
    Cela faisait longtemps que je me disais d 'aller vous retrouver sur votre blog et d 'a voir des nouvelles...mais la vie quotidienne vous rattrape
    Cette fois c'est chose faite et vous me faites rêver!!!
    Photos, commentaires exploit...
    Sur le plan physique à priori tout va bien....y compris la cheville d'Anne Marie.
    Ça y est je me suis dévoilée : le médecin de l'HIA RP
    Maintenant c'est promis...je vous suis
    A bientot

  • wendy BEAUCHARD | 10.10.14

    Paysages désertiques ou je me sentirais pas a l aise .Effectivement on se croirait dans le film " seul au monde ".Vous avez des routes sablonneuses et salées nous on a les inondations (dans le sud) .Superbes photos de vous 2 .Bonne continuation !! Bisous

  • Zwoofff | 11.10.14

    @Gala
    Oui malgré nos divers ressentis lors de notre traversée du salar d'Uyuni avec nos vélos, cela reste et restera un moment inoubliable. Nous n'oublierons pas plus la traversée du salar de Coipasa, magique lui aussi.
    Le matériel, tout comme nous, a tenu le coup et ces nuits passées sur le salar furent des moments de bonheur loin du monde. Aucune crainte, aucune peur, rien que de la joie accompagnée par des températures plus que clémentes pour la saison.
    Quant à Anne-Marie, elle a dû me recracher tellement je suis indigeste et trop salé!!

  • Zwoofff | 11.10.14

    @Laurent
    Oui 4 nuits sur les salars furent magiques. On recommande.
    Pour les photos, il nous a bien fallu une dizaine de poses à chaque type de photo pour y arriver. Forcément avec un troisième larron c'eut été plus facile.

  • Zwoofff | 11.10.14

    @médecin de l'HIA RP
    Alors là, c'est une bonne surprise. Merci de nous suivre à vos moments perdus. Le mieux, pour ne rien perdre, est de vous inscrire à notre newsletter. La cheville d'AM va bien. Ca roule comme on pourrait dire... et la morsure du chien n'a pas eu d'effet. Merci les vaccins (peut être).

  • Zwoofff | 11.10.14

    @Wendy
    Dommage.. enfin nous on ne s'y est pas senti désemparés. On a même trouvé ça génial.
    Seuls au monde sur les salars, oui! même sans Willy. que du bonheur.
    Les inondations dans le sud? ce n'est toujours pas fini?
    Merci
    Bisouss

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